Église Notre-Dame-de-la-Consolation : Le Raincy (93)
Fin de semaine dernière, quantité de vacanciers s’élançaient, les uns partant, les autres sur le retour. Bouchons ne riment pas avec vacances, c’est vrai, mais ils en figent chaque sens, une sorte de va et revient sans bouger et pas encore chez soi !
Pour vous, si le cœur vous en dit, il en ira autrement : c’est toujours l’heure possible de voyager et vous êtes invités à acheter votre billet sans dépenser d’argent. Installez-vous à la meilleure place, le chemin sera long. Nous partons pour Le Raincy (93) visiter une église moderne : Notre-Dame de la Consolation.
Éclairons tout de suite le patronage marial sous lequel est placée l’église. Nous sommes à peu de temps après les horreurs de la première guerre mondiale, et l’église est dédiée à Marie, Mère de consolation après tant de souffrances.
En effet, la construction débutant en avril 1922, l’église fut consacrée en juin 1923 par Mgr Gibier évêque de Versailles. Il faut dire qu’à l’époque, l’Ile de France ne comptait que deux départements, la Seine, et la Seine et Oise diocèse de Versailles. L’Ile de France telle que nous la connaissons aujourd’hui date administrativement de 1964 et les diocèses correspondants furent créés par Paul VI en 1966.
Je pars de bonne heure. L’heure est agréable, comme il convient au temps de la grâce. A preuve que, arrivé trop tôt, deux croissants achetés dans une boulangerie un peu plus loin m’aident à patienter jusqu’à l’ouverture des portes, qui, bientôt ouvertes me livrent passage.
J’entre et ne bouge pas, surpris. L’ambiance sombre exalte les vitraux et je me sens comme baigné d’une lumière indicible. Je me pense trop petit pour raconter cela en images. Le mieux est peut-être de me laisser faire, de travailler en première impression, c’est-à-dire qu’il n’y aura rien de construit dans ma démarche photographique, je me laisse interpeller, je prends le temps de me laisser pénétrer du lieu. Pas toujours sérieux, je joue avec les plots qui délimitent le chœur, espace sacré où l’on ne pénètre pas, sauf un photographe quand le choix d’un angle l’y oblige. David n’entra-t-il pas dans le Saint pour prendre les pains d’offrande et s’en nourrir ainsi que ses compagnons ? (Cf Mc 2, 24-26).
Dans un esprit gothique, les murs périphériques sont non porteurs et peuvent ainsi être autant de claustrum, ici de grandes verrières aux motifs abstraits, géométriques, répétitifs mais variés sauf pour les parties historiées illustrant des temps de la vie de Marie sur des cartons de Maurice Denis, le tout réalisé par Marguerite Hué, Maître-verrier, chaque claustra de couleur graduellement plus chaude pour céder doucement vers l’abside au bleu, couleur mariale par excellence.
L’église est de plan basilical, pas de transept, une nef flanquée de deux collatéraux, l’ensemble de même hauteur. Type de l’église-halle, elle est la première construite en béton armé laissé apparent comme une peau. Son architecte est Auguste Perret, avec son frère Gustave, et Claude le troisième, entrepreneur.
J’y retournerai un après-midi et si la première fois au matin le travail a été difficile, cette seconde visite verra peut-être ma consolation ! Saint François d’Assise prêchant aux oiseaux, Jésus nous dévoilant son cœur seront pour vous autant de douceurs.
Bonne balade à vous,
Je vous embrasse, Xavier